Datacentres d'art

Documentation photographique

Montréal, août 2011

Je considère les centres de données (datacentres) comme des musées ou des bibliothèques puisqu'une part grandissante de notre connaissance y est stockée et archivée. Au cours d'une résidence à Montréal (laboratoire NT2, UQAM) j'ai démarché auprès de ces infrastructures d'Internet afin de les visiter, constituer une documentation photographique et collecter des témoignages. Cette recherche m'a amené à initier le projet « Datacentres d'art » qui consiste à intervenir directement dans ces lieux. La première expérience a été réalisée dans la salle des serveurs de la SAT à Montréal en août 2011 (cf. Trou noir).

Ces lieux techniques à l'esthétique par défaut me passionnent depuis longtemps. En grandissant au même rythme qu'Internet, c'est à dire très rapidement, ils sont devenus extrêmement gourmands en espace et en électricité et engage aujourd'hui des questions écologiques et géopolitiques importantes. Ils poussent dans les grandes villes comme ils peuvent, refoulés dans des endroits qu'il faut adapter en conséquence, ou en périphéries, de préférence où l'électricité est abondante à bas prix et la connexion Internet optimum.

D'un point de vue architecturale, les centres de données de grande taille (Facebook, Google) sont des exemples d'usines sans fenêtres : « Rendue nécessaire par les exigences du black-out américain, et possible par la conjuguaison des charpentes légères, de la climatisation et de l'éclairage fluorescent permettant de la faire fonctionner jour et nuit, l'usine sans fenêtre, donnera naissance après la guerre à l'un des types de bâtiment de plus communs dans les périphéries : la grande boîte adaptable à tous les usages. » (catalogue de l'exposition Architecture en uniforme, Centre Canadien d'Architecture à Montréal, Jean-Louis Cohen, édition Hazan, 2011)
ets






















































Crédits photographiques : Etienne Cliquet - 2011